Eduquer sans punir

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« Éduquer sans punir » fait partie des livres qui m’ont aidé à comprendre l’enfant et à réfléchir sur la notion d’autorité, de punition et de sanction.

L’auteur

Thomas Gordon est un psychologue américain, qui a été l’élève de Carl Rogers. Il s’inscrit dans le courant de la psychologie humaniste.

Il propose une nouvelle approche de la communication, simple, efficace, et respectueuse des besoins de chacun, qui s’appuie sur les travaux d’Abraham Maslow.

Thomas Gordon  a été un pionnier dans la conceptualisation de la résolution des conflits. Il a reçu la médaille d’or de l’Association de Psychologie Humaniste pour sa contribution exceptionnelle à la diffusion de la psychologie dans l’intérêt public, et a été proposé trois fois pour le prix Nobel de la paix. Il est également l’auteur de « Parents Efficaces »,un best-seller vendu à plus de 6 millions d’exemplaires dans le monde.

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Le livre

Il est en premier lieu adressé aux parents, mais l’on peut s’en saisir en tant qu’éducateur auprès d’enfants.

Attention, syndrome de culpabilisation possible.
En effet, soit vous pouvez le lire en vous culpabilisant d’avoir risqué de créer de futurs petits êtres délinquants en leur administrant de méchantes punitions (quoi !!! non mais y me traite de mauvais parent\éducateur là, il m’énerve ce bouquin !) soit vous pouvez le lire en prenant du recul et en le prenant comme un « ok j’ai punis, j’essaye de comprendre pourquoi ce n’est pas l’idéal, et je prends ce qui me parle dans les solutions proposées, pour tenter de moins, voir de ne plus punir« .

Rappel : la punition et la sanction sont deux choses différentes. Ne pas punir ne veut en aucun cas dire vivre sans règles, sans sanctions positives ou réparations, sans discussions, et ne veut pas dire non plus vivre dans le chaos ou le laxisme, au contraire.

En lisant en livre comme celui-ci, il est parfois nécessaire de savoir remettre notre propre éducation en question, car les punitions, tout comme les brimades, les tapes et les fessées, sont bien ancrées dans notre culture. Et défendues par le « j’étais tout le temps punis et j’en suis pas mort, merci à ceux qui m’ont punis, c’est grâce à ça que j’en suis là », conclusion : punissons nous aussi nos enfants« .

Une piste : tenez vous debout et répétez cet l’argument en vert ci-dessus plusieurs fois à haute voix, jusqu’à que son sens vous saute vous même aux oreilles.

La table des matières du livre est très détaillée, voyez plutôt ici

L’écoute active

C’est une des nombreuses pistes que propose le livre pour accompagner l’enfant.

L’écoute active consiste à écouter l’enfant, en portant attention à ce qu’il ressent. Tout cela sans forcément chercher ni proposer de solution.
L’éducateur reformule ce qu’il entend, ou ce que l’enfant ressent, montrant activement qu’il se met à l’écoute de l’enfant accompagné.

Exemple :

Thomas, 11 ans, rentre au foyer en claquant la porte et monte s’enfermer dans sa chambre.
L’éducateur-trice va le voir dans sa chambre.


Bonjour Thomas
Ouai…salut
J’ai entendu la porte claquer lorsque tu es entré
ouai c’est bon c’est pas moi, va-t-en, toute façon j’en ai marre de ce foyer de merde !
T’en en as marre de rester ici, ça a l’air difficile pour toi
Marine, elle me saoule trop !!
Marine a fait quelque chose qui t’a énervé aujourd’hui on dirait
Elle insulte ma mère tout le temps, j’en ai marre !!
Le fait qu’on dise du mal de ta mère te met en colère
Ben oui ! (silence)
(Silence)
Olivier….c’est quand ma visite médiatisée déjà ?

Autre exemple : (à table)

Elle est trop pourrie cette macédoine !
Réponse ordinaire : non, c’est très bon, arrête de critiquer la nourriture tout le temps
Écoute active : tu n’aimes pas cette macédoine on dirait

Dans cet exemple, on peut faire suivre l’écoute active d’une discussion et d’une réflexion sur le « comment on s’exprime correctement lorsqu’on n’aime pas quelque chose, à table »

On peut également par exemple s’en servir de support : « qu’est ce que tu n’aimes pas dedans ? » « en as-tu déjà mangé, fait maison » « aimes-tu cuisiner », « sais-tu ce qu’il a comme légumes dedans ? » etc.
L’écoute active est un support de discussion. Il va souvent se trouver en amont d’un  rappel sur les règles de la collectivité, une discussion sur la prise en compte d’autrui, un échange sur le projet de l’enfant, une observation de l’enfant et de ses ressentis, un accompagnement à la résolution de son problème etc.

Les objectifs de l’écoute active en travail social

  • Prendre en considération les ressentis de l’enfant
  • Laisser l’enfant s’approprier son problème et sa résolution
  • Permettre à l’enfant d’approfondir et de faire évoluer sa pensée
  • Augmenter la qualité de l’écoute
  • Adopter des attitudes facilitatrices : disponibilité, non-jugement, non-directivité, objectivité…
  • Valider notre compréhension des événements

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